Sainte-Jamme-sur-Sarthe : la plus grande centrale hydroélectrique de la Sarthe se trouve au barrage d’Antoigné

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Daniel Reboux et son épouse, Joëlle, rachètent le site du barrage d’Antoigné à Sainte-Jamme-sur-Sarthe en 1988. « Mon mari m’a dit un jour, je remettrai les turbines en route », retrace Joëlle Reboux. Mais pourquoi un tel projet ? « Il y a de l’eau, là elle ne sert à rien, on pourrait la faire travailler ».

En effet, depuis la cessation d’activité de la Société Générale de Fonderie en 1985, la force motrice du cours d’eau n’était plus utilisée. Le couple qui a racheté le site du barrage d’Antoigné, en 1988, se lance dans ce projet. Ils font alors appel à JP Énergie Environnement (JPEE). Alors que le projet dure en longueur (7 ans et demi de dossier), il est revendu à une société allemande Green City Energy. Après un an et demi de travaux, le projet aboutit finalement en 2018.

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De nombreux aménagements nécessaires

Avant de remettre en route la centrale, il a fallu faire de nouveaux aménagements. L’ancienne passe à poissons étant insuffisante, il a fallu en implanter une seconde équipée de onze bassins successifs.

C’est désormais la plus grosse centrale hydroélectrique de la Sarthe. Deux turbines tournent. Elles ont une puissance maximale de plus de 200 kw chacune. Elles permettent d’alimenter ainsi « 480 foyers en électricité ». Cette dernière est revendue par la société allemande à EDF.

De gauche à droite : Isabelle Chiaramonti Monnet (vice-présidente de l'ASMR 72), Joëlle Reboux, propriétaire du site, et Patrick Coiffé (président de l'ASMR 72).
De gauche à droite : Isabelle Chiaramonti Monnet (vice-présidente de l’ASMR 72), Joëlle Reboux, propriétaire du site, et Patrick Coiffé (président de l’ASMR 72). (©Les Alpes Mancelles)

« L’énergie renouvelable la moins polluante »

Patrick Coiffé, président de l’association de Sauvegarde des Moulins et Rivières de la Sarthe, vend les mérites de l’hydroélectricité : « c’est l’énergie renouvelable la moins polluante », affirme-t-il.

Il salue cette installation unique en Sarthe.

« Il y a une autre installation de ce type à Sceaux-sur-Huisne mais le moulin n’a qu’une turbine. Les microcentrales sont plus répandues dans les régions de Montagne car il y a plus de hauteur de chute d’eau. Mais c’est également possible dans nos rivières. »

Patrick Coiffé

Un hommage a été rendu à Daniel Reboux, samedi 18 septembre avec notamment l’inauguration d’une stèle sur laquelle on peut lire « Il était avant tout d’une grande générosité… Toujours à la pointe des combats pour défendre nos barrages menacés, il aura réussi à faire de son site d’Antoigné, à Sainte-Jamme-sur-Sarthe, la plus puissante centrale hydroélectrique du Département ! Daniel Reboux était notre ami, l’ami de tous… », signé l’ASMR72.

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La Fonderie d’Antoigné. Le site possède une riche histoire

Le site de la Fonderie d’Antoigné possède une riche histoire. Des objets en fonte de toute sorte y ont été conçus. Gérard Viel, président de l’association des fondeurs d’Antoigné, explique : « L’implantation d’une forge sur le site d’Antoigné n’est pas due au hasard. On a ici la force hydraulique, du bois pour le charbon et non loin de là, à La Bazoge, un affleurement de ferrite pour le métal. »
La fonderie va connaître son âge d’or avec la famille Chappée. « Monsieur Chappée arrive en 1856. On arrête les hauts fourneaux. On va désormais acheter la fonte et c’est là qu’on va commencer la production mécanique, en 1870. » Gérard Viel poursuit : « à partir de 1850, on va faire tout le matériel pour la SNCF. En 1882, la 1 ère ligne de tramway, de la Sarthe, est inaugurée entre l’usine et la gare de Monbizot. » Armand Chappée obtient le Grand Prix de fonderie à l’Exposition Universelle de Paris en 1889.
Après la guerre 1870, on demande à la fonderie d’être en capacité fabriquer des obus, ce qui sera le cas lors de la Première Guerre mondiale. En parallèle, « à partir de 1890, le fils Chappée commence la production du chauffage en fonte ». Ainsi « en 1900, 1 000 salariés travaillent sur le site et en 1964 on est à 1 800. »
Malheureusement le site ne parvient pas à changer son modèle à la fin du 20 ème siècle. « Après le choc pétrolier, c’est le début du chauffage électrique. » C’est le début du déclin de l’usine qui arrêtera sa production en 1985.

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